Le retour du grand vide

Je suis heureuse comme ça. J’ai trouvé mon équilibre. J’ai fait mon deuil. Je suis passée à autre chose. 

La vie s’est bien marrée…

J’ai appris hier soir que ma petite filleule partait ce week-end pour aller vivre chez sa grand-mère à l’autre bout de la France. Décision de justice. Et je pense sincèrement que pour elle c’est le mieux possible…

Mais que c’est douloureux pour moi… Depuis un peu plus de deux ans, elle était entrée dans nos vies. De petits moments passés ensemble nous sommes arrivés à quasiment un week-end sur deux où elle était chez nous.

Il y a ses chaussons dans l’entrée, sa brosse à dents dans la salle de bain, elle a son lit, ses jouets, ses livres, …

Nous avions nos petites habitudes. Elle avait toujours des yaourts au chocolat (des liégeois) dans le frigo et réclamait des croque monsieur. On enchaînait les parties de puissance 4. On promenait le chien pour aller voir les poules. On squattait indéfiniment la balançoire dans la clairière. On lisait Le cirque de Bambini avant de dormir, une page chacune son tour.  Elle s’installait devant le poêle pour faire sécher ses cheveux après la douche. Elle me souriait de toutes ses dents pour montrer qu’elle les avait bien lavées.

On allait dans les champs, à la bibliothèque, au cinéma, au musée, au restaurant, à la cathédrale, …

Avec nous, elle a manié la visseuse, semé des haricots, fait des gâteaux au chocolat, empilé des bûches de bois, vu des loups, des cigognes et des singes, appris à lire l’heure et sa table de 5…

Ensemble on a dessiné, fait de la pâte à sel, des bracelets de perles, des bateaux en papier, des tableaux, une maison en carton, un lapin en rouleau de papier toilette, …

Petit à petit, elle a pris une grande place dans nos vies, dans notre maison, dans nos cœurs. J’avais trouvé un équilibre et un réconfort dans ces petits bouts de famille.

Et c’est fini. Brutalement.

Depuis je ne fais que pleurer. Elle va tant me manquer.

Notre pseudo vie de famille à temps partiel va tant me manquer.