Zen

Je me sens bien.

Bientôt 3 mois que je prends des progestatifs, et même s’il a fallu être patiente, ces petites pilules me changent la vie. Finis les yoyos du moral, les pleurs intempestifs, les compulsions alimentaires, … j’ai perdu 5 kilos sans vraiment faire d’efforts particuliers. Je découvre le bonheur de ne plus vivre dans un syndrôme prémenstruel permanent, je ressens un délicieux sentiment d’équilibre. Je me demande si ce n’est pas trop beau pour être vrai, surtout quand je lis tous les avis négatifs sur la Cézarette… Je retourne vendredi chez mon nouveau gygy chéri, on verra ce qu’il trouvera à dire.

J’ai pris de bonnes habitudes pendant cette première période de classe que j’espère réussir à maintenir toute l’année. Je me lève une heure plus tôt le matin pour faire une dizaine de minutes d’étirements/yoga (je suis devenue fan de Yoga with Adriene sur Youtube), puis 20 minutes de méditation et enfin 15 minutes d’écriture/dessin. Et maintenant, je sens vraiment que cela me manque si je zappe ces rituels matinaux.

Je me suis inscrite à une salle de sport pas trop loin de chez moi depuis fin août. La plupart du temps, j’arrive à y aller deux fois par semaine. Sans me soucier du regard des autres, je me dépense, je transpire et je sens que cela me fait du bien (même si la motivation devient plus difficile à trouver au fur et à mesure que les jours raccourcissent).

J’ai arrêté les cours de peinture du vendredi soir : j’y prenais beaucoup de plaisir, mais je n’avais plus l’impression de progresser. J’ai commencé des cours de dessin le samedi matin, beaucoup plus exigeants ! La première heure, le prof nous a donné son prénom, et sans plus de discours, nous avons chacun pris la pose pour être dessinés par les autres ! Je souffre mais c’est grisant d’apprendre !

Je continue les cours de piano : 2 ans que je m’y suis mise et je suis fière de ne pas lâcher. Je prépare une petite « audition », ma prof souhaite que ses différents élèves particuliers jouent les uns devant les autres… Ça me met un peu la pression, je ne sais pas comment je vais gérer le stress.

Nous n’avons pas repris de télé, on se fait de temps en temps une soirée vidéoprojecteur mais j’ai l’impression d’être maître de mon temps perso sans me faire vampiriser par le petit écran. Le soir, je bosse (ma classe me prend beaucoup de temps cette année), je vais au sport, je griffonne, je papote, je surfe sur le net … et surtout je me couche tôt !

Nous profitons des we : d’août à novembre, mon homme n’aura travaillé aucun samedi ni dimanche. Nous n’avions jamais connu ça depuis que nous sommes ensemble… Cela ne va pas durer alors nous savourons ces moments, nous en profitons pour partir en vadrouille, inviter des amis … Nous discutons beaucoup, nous essayons de nous retrouver comme avant la pma.

Après la vie n’est pas un long fleuve tranquille : je me fais comme d’habitude bouffer par l’école. Je me réveille la nuit en pensant au mot à écrire dans le cahier de X, je prends ma douche en imaginant les ateliers de maths que je pourrais mettre en place, je me balade en cherchant différentes essences d’arbres pour ma séance de sciences (au grand dam de monsieur…)

Je sais aussi que je suis plutôt préservée en ce moment : aucune femme enceinte au boulot, pas de bébés dans l’entourage proche, pas de jeunes mamans gagas, plus de télé… la seule agression régulière c’est la pub pour les tests d’ovulation quand j’ouvre une vidéo sur youtube !

Et puis je cogite beaucoup dès que j’essaie de me projeter dans l’avenir. Si mon quotidien me plait, je n’arrive pas à m’imaginer le futur. Aucun projet, aucun objectif à long terme pour me faire rêver …

Ou si je l’imagine, c’est plutôt en noir. La secrétaire de l’école  (l’EVS) vient de perdre son compagnon : je ne peux m’empêcher de m’identifier…

Ce sont ses filles qui vont s’occuper des obsèques, comme ma mère et ma tante se sont occupées de ma grand-mère, comme mon mari et son frère ont soutenu ma belle-mère, comme ma meilleure amie s’est occupée de son père … Alors bien sûr, on ne fait pas des enfants dans le but qu’ils s’occupent de nous quand nous serons vieux.

N’empêche je me demande : Et nous le jour où ? Que deviendra l’autre s’il arrive quelque chose à l’un de nous deux ?

Je commence à regarder du côté des conventions obsèques et autres plans prévoyance…

 

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3 réflexions sur “Zen

  1. Kae Browneyes dit :

    eh bé! ça commençait bien ton post et ça finit en cacahuète! tss tss tss! ceci dit, je me fais aussi la réflexion parfois (sujet convention obsèques…et puis du coup ça remet sur le tapis la question du mariage aussi…euh?! obligé?!)…j’ai dit à Chéri que ce serait chouette un mausolée tout en marbre blanc, il m’a répondu « c’est pas Bollywood ici! »….va falloir trouver autre chose donc.
    des bises d’ici (pas Bollywood. ouais j’me répète, hein?! 😀 )

    Aimé par 1 personne

    • Pitite chouquette dit :

      Les choses sont rarement toutes noires ou toutes blanches… Mais ces réflexions ne sont pas si moroses je trouve, faire l’autruche et ne pas vouloir en parler serait pire selon moi…
      Un mausolée en marbre, carrément … Je pensais plutôt à une urne sur le coin de la cheminée à laquelle je ferais la conversation (mais on n’a pas de cheminée, alors…)

      Aimé par 1 personne

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