Alors quoi de neuf depuis le mois dernier ?

J’ai passé un mois à trier et ranger chaque mètre carré de l’appartement et mon mari a fait de nombreux voyages entre la déchetterie et Emmaüs. Débarrassés d’une montagne d’objets inutiles, j’ai la sensation de mieux respirer. Notre chez-nous est un havre de paix dans lequel j’ai plaisir à me retrouver.

Nous n’avons plus de télé depuis 2 semaines et je trouve ça fantastique. J’ai l’impression d’avoir libéré mon cerveau d’une grande partie de la pollution mentale ambiante et je suis nettement plus active. Je travaille à mon bureau, nous mangeons à table, je prends le temps de ne rien faire, je me couche plus tôt, nous discutons davantage … Il n’y a plus ce réflexe de m’avachir sur le canapé et de jouer de la zappette pour ne plus me souvenir ensuite de ce que j’ai regardé.

J’essaie de consommer autrement, de réduire nos déchets. Mais je suis pleine de contradictions alors je suis capable dans la même journée d’aller acheter mes flocons d’avoine en vrac dans mon p’tit bocal … et de faire une commande sur le net pour un article de déco « so cute » fabriqué en Chine et emballé dans une montagne de plastique.

J’ai fait de nouvelles rencontres, des nanas positives, dynamiques, pleines de projets… et avec des enfants. J’ai ressenti un temps le besoin de me rapprocher de femmes sans enfant, j’ai pensé que mes futures amitiés auraient ce dénominateur commun, que ma vie était trop différente de celle des mamans pour créer de nouveaux liens. Je suis bien contente de m’être trompée, on ne crée pas des amitiés sur une absence… (même si dans cette quête, j’ai rencontré des femmes extras)

Et comme parfois la vie fait bien les choses, elles m’ont proposé de partager un jardin. Un p’tit bout de nature, à mi-chemin entre le boulot et la maison. J’y suis encore allée hier soir en sortant de l’école. Et là en actionnant ma grelinette, je me suis fait la réflexion que je me sentais profondément, intensément vivante.

Bien sûr il y a des petites ombres au tableau : la semaine dernière j’ai rêvé que j’étais enceinte et que j’accouchais d’un beau petit bébé. Je le présentais à ma grand-mère, à mon amie d’enfance, et je m’agaçais des commentaires rappelant que j’avais bien fait de ne pas désespérer. Le rêve était si réaliste que je me suis réveillée en pensant que mon bébé pleurait. Il m’a fallu une seconde pour réaliser que je n’avais pas d’enfant. Tripes nouées.

(Le lendemain j’ai du regardé mon bras pour constater que je n’étais pas tatouée).

Et puis il y a des conversations ordinaires :

  • Ben alors c’est pour quand ce bébé ? (Ben jamais)
  • Mais vous n’avez pas envie d’adopter ? (Peut-on parler d’envie ? J’ai aussi envie de faire pipi et de manger du chocolat)
  • Non parce que vous savez j’ai une amie qui … (J’ai l’impression d’entendre ceux qui parlent de leur ami gay ou noir)
  • Mais bon c’est pas grave, vous avez le chien ça fait une présence. (Parce que c’est bien connu, on fait des enfants pour avoir une présence).

Mais je ne laisserai pas cette absence remplir ma vie. 

Si on vous donne un cactus, vous n’êtes pas obligés de vous asseoir dessus.

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