Rencontre BAMP

Chapi Chapo, du blog Le berceau vide, est à l’origine d’une très belle idée : une rencontre sur le thème de la vie sans enfant après la pma.

Elle aura lieu le 12 décembre à Paris.

J’y serai et je me fais déjà une joie de rencontrer celles dont les blogs m’ont inspiré et aidé quand j’étais au plus mal : Chapi Chapo et Artémise !

Légitimité

Je me demande souvent quand cela sera moins douloureux. Voilà 10 mois que nous avons pris la décision de tout stopper et je suis régulièrement en pleurs… Par exemple, autant je peux m’occuper sans souci d’un bébé, autant il fut insupportable de regarder mon mari donner à manger au petit bout de nos amis. Et j’ai beaucoup de mal à accepter ces réactions incontrôlables.

Depuis le mois de septembre, je participe à un cycle de MBSR un programme basé sur la méditation, la pleine conscience, … (j’en reparlerai surement bientôt)

La semaine dernière, l’organisatrice nous a proposé des exercices de communication. Nous devions raconter un épisode stressant ou douloureux de nos vies, et notre interlocuteur devait écouter sans interrompre et simplement nous restituer ce que nous avions dit. J’ai hésité longtemps à parler de quelque chose d’aussi personnel à un quasi inconnu.

J’ai bien sûr fini en larmes, mais contrairement à ce que j’avais imaginé ce fut la restitution qui me fit pleurer. J’ai réalisé que j’ai tout à fait le droit d’aller mal, peu importe si les autres ne peuvent pas comprendre, peu importe si en apparence tout va bien, peu importe si de l’extérieur on dirait que rien n’a changé.

Parce que ce n’est pas « simplement » de ne pas avoir d’enfant dont il s’agit. C’est renoncer à un projet dans lequel je me suis engagée plus de 10 ans. C’est imaginer un avenir différent de que j’avais si longtemps imaginé. C’est repenser ma place par rapport à la norme, à la société, à mes amis. C’est me définir comme femme sans passer par la maternité. C’est réussir à se retrouver en tant que couple en sachant qu’on ne sera jamais parents. C’est gérer mes tripes qui se nouent devant un faire part de naissance. C’est trouver des objectifs sur le long terme. C’est apprendre à gérer les fêtes familiales, les enfants des autres, les questions pleines de bienveillance, … Il faudra bien plus de 10 mois pour faire le tour de tout ça !